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lundi 20 novembre 2017

Animer des ateliers créatifs avec des enfants

Karine est la créatrice de la marque de kits créatifs : Les Enfants Nomades, elle est aussi l'auteur d'un livre aux éditions Hachette : 50 activités pour éveiller vos enfants. Elle a suivi nos formations dont celles sur l'Organisation d'ateliers créatifs et a parcouru un beau chemin depuis ! Comme nous aimons gardé le contact avec nos stagiaires, nous sommes allées prendre de ses nouvelles et l'avons aussi sollicitée pour notre prochain livre. Son témoignage sera donc présent parmi beaucoup d'autres et nous avons choisi de partager ici un bout de cette interview axée sur son travail avec les enfants après la classe. Elle a en effet eu la tâche de monter pour sa commune un programme d’ateliers créatifs périscolaires (dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires).




Comment as-tu pensé ton planning ? Quels conseils peux-tu donner côté logistique et thématique ?

J’avais pour ambition non pas d’occuper les enfants mais d’apporter réellement quelque chose sur le plan de leur développement. Je travaille autours des intelligences multiples qui sont au nombre 8 (linguistique, logico-mathématique, interpersonnelle, intrapersonnelle, visuo-spatiale, kinesthésique, musicale et naturaliste). L’école (en général, il existe toujours des exceptions) fait travailler principalement l’intelligence linguistique et l’intelligence logico-mathématique. L’idée est donc d’apporter des activités qui permettent de mobiliser les autres intelligences. Nous sommes tous pourvus de ces 8 intelligences. Elles sont supportées par des régions du cerveau différentes mais interconnectées (par exemple en mobilisant l’intelligence musicale, on fait travailler aussi l’intelligence linguistique et logico mathématique). Nous avons tous deux à trois intelligences dominantes. Ainsi dans un programme global, sur une année scolaire, chaque enfant aura renforcé ses dominantes et mobilisé des intelligences secondaires. Ainsi les enfants ont eu des activités sportives : multisport, tennis, yoga (intelligences kinesthésique, interpersonnelle et intrapersonnelle), de l’éveil musical (intelligence musicale), des ateliers sensoriels, des jeux stratégiques et collectifs (intelligences interpersonnelle et intrapersonnelle), du théâtre et des ateliers philo (intelligence intrapersonnelle et linguistique), du jardinage et du landart (intelligence naturaliste), différents ateliers créatifs (permettant de mobiliser l’intelligence kinesthésique, l’intelligence visuospatiale) et des ateliers scientifiques (intelligence logico-mathématique).

Il y avait 135 enfants inscrits, répartis en 11 groupes d’enfants ( 5 groupes de 10/11 enfants pour les maternelles et 6 groupes de 14/15 enfants en primaire) pour un total de 44 ateliers chaque semaine. Après chaque vacances scolaires, le programme de chaque groupe changeait avec en constante pour tous un atelier créatif par semaine. Chaque atelier était suivi sur plusieurs séances (par exemple cuisine tous les lundis pour un cycle donné etc.), ce qui était très pratique pour réaliser un projet pouvant prendre plusieurs séances. Au début de l’heure il y avait un quart d’heure de décompression, sorte de récréation où les enfants pouvaient se restaurer, aller aux sanitaires, se dépenser. Au fur et à mesure de l’année, nous avons organisé des jeux sur ce quart d’heure (corde à sauter géante, jeux collectifs, marelles, chorégraphie sur de la musique etc.).

J'ai tenu compte de l'âge des enfants. En effet vers 8 ans, logiquement il y a un amoindrissement continu, mais j’ai pu constater une progression pour certains d’entre eux, le fait d'entraîner leur créativité a été bénéfique : au fur et à mesure la fenêtre sur leur imaginaire s’est agrandie et je me suis toujours demandé si les remettre avec les 6-7 ans n’auraient pas eu un effet positif où cette fois les plus petits auraient tirés les plus grands vers le haut. Par ailleurs, cette capacité de logique qui se développe permet de réaliser des ateliers créatifs « en mode projet » : ils sont à même de planifier sur papier comment ils vont s’y prendre, avec quoi et ensuite s’y tenir et s’y référer. Ce mode projet qui se déroule sur plusieurs séances permet d’assouvir leur besoin de « logique » tout en les amenant à développer leur créativité et à aller explorer un imaginaire qu’ils ne seraient pas allés chercher sinon. Je n’ai pas vu de différences entre les 8 ans et les 9 ans qui n’étaient pas ensemble mais dont les habiletés sont identiques c’est à cause du 3ème élément que je n’ai pas cherché à les réunir.

Au-delà de 9 ans il y a encore un palier : c’était plus compliqué de réaliser des ateliers artistiques déjà à cause de cet imaginaire qui est bridé par le développement de la pensée logique et qui n’a pas été entraîné pendant la phase de déclin.

Tu gères une équipe de plusieurs animatrices, comment as-tu fait pour dupliquer tes pratiques pédagogiques et créatives auprès d’elles ?

Je coordonnais une équipe de 22 personnes qui s’alternent parmi lesquelles des experts dans leur domaine (profs de sport diplômé d’état, créatrices, comédiens profs de théâtre…), des lectrices bénévoles de l’association « lire et faire lire », une bibliothécaire, des ATSEM (aguerries aux ateliers créatifs qu’elles animent durant l’école) et du personnel municipal (dames de cantine) qui, si elles sont bien meilleures que moi en jeux collectifs (leur aide à ce niveau m’a été précieuse), sont  très éloignées des ateliers créatifs, ludiques ou scientifiques qu’elles allaient animer. Il était essentiel pour moi de les accompagner sur ce changement de pratique.

D’une part, durant l’été qui a précédé la rentrée scolaire, j’ai suivi tout d’abord auprès de Sophie-Charlotte Chapman une formation de formateur à l’animation d’atelier : malgré mes deux années d’expériences sur le terrain (j’ai animé beaucoup d’ateliers pour enfants avant cette expérience d’ « ateliers après l’école », j’animais des ateliers dans des concepts store, des paillotes d’été, un musée d’art contemporain, pour des évènements – anniversaire de magazine, défilés de mode etc.) je n’avais pas de recul par rapport à ma pratique. J’ai ressenti ce besoin pour prendre confiance en ma transmission et la formation que j’ai suivie m’a été bénéfique car tu as mis des mots sur ce que je faisais et ce que je vivais pendant ces ateliers. Combinant ma pratique, mes axes sur la pédagogie bienveillante (présents dans mon ouvrage « 50 activités pour éveiller vos enfants » ed. Hachette) et l’apport de cette formation, j’ai pu rédiger un programme de formation sur une journée et demi qui se terminait par la démonstration du matériel qu’elles allaient utiliser. Un des gros points de cette formation portait sur l’attitude à avoir pendant un atelier : leur rôle changeait du tout au tout : de « gardiennes de l’ordre » elles passaient animatrices pouvant nouer des liens privilégiés avec des groupes en petit nombre d’enfants.

D’autre part, pour chaque atelier créatif et scientifique, j’ai créé des modèles ou des prototypes ainsi que des fiches – sorte de tutoriels avec les pas à pas expliqués, imagés et des conseils en terme d’organisation. Chaque jour, je préparais des chariots en fonction des ateliers à leur attention, puis chaque soir de la semaine, je faisais le tour de tous les ateliers pour voir si tout se passait bien et leur apporter mon aide et transmettre mon savoir-faire quand c’était nécessaire. Chaque projet prenait de une à trois séances rarement plus, je n’ai pas encore fait le décompte des projets différents réalisés sur l’année mais c’est énorme… j’ai sollicité de leur part beaucoup d’adaptabilité, de souplesse qu’elles m’ont donnée sans réserve.

Ces femmes avaient plus de 50 ans pour la plupart et ne connaissaient que ce qu’elles avaient vécues elles-mêmes.  Si la pédagogie bienveillante et l’animation d’atelier étaient très éloignées de leur pratique, leur motivation et l’ouverture d’esprit dont elles ont fait preuve vis-à-vis de mon programme ont permis leur conduite au changement et la réussite du projet de TAP atypique. Un programme n’est rien sans les personnes qui l’animent. Un chef d’orchestre, tout performant qu’il soit, n’est rien sans de bons musiciens… moi j’ai eu beaucoup de chance, ces vingt-deux personnes qui ont acceptés de faire partie de mon équipe sont tous de très bons musiciens

Retrouvez les idées, tutos et conseils de Karine sur son site : http://lesenfantsnomades.fr/bacasable/

Comme elle, formez -vous à l'organisation d'ateliers créatifs en suivant notre formation

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